DÉCLARATION

Les récentes déclarations du chef spirituel de l’Azerbaïdjan, Allahshukur Pashazade, prononcées dans le cadre de l’initiative ouvertement expansionniste dite « Azerbaïdjan occidental », démontrent une nouvelle fois que, à Bakou, se poursuit une politique d’ambitions territoriales pensée, organisée et assumée au niveau de l’État.

Il ne s’agit plus simplement de propagande. Nous sommes face à une déclaration préméditée qui prépare le terrain à de nouvelles pressions et à de nouvelles exigences à l’encontre de la République d’Arménie.

Les formulations employées par Pashazade au sujet du « retour des terres du Karabakh, du Zanguezour et de l’Azerbaïdjan occidental » ne constituent pas seulement une falsification de la réalité historique et juridique ; elles remettent ouvertement en cause la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République d’Arménie.

Le discours sur le « rétablissement de la souveraineté culturelle et spirituelle » n’est, en réalité, qu’un révisionnisme dissimulé sous un vocabulaire politique, destiné à légitimer de futures revendications.

Ces déclarations interviennent après que la population arménienne d’Artsakh a été victime d’un nettoyage ethnique, tandis que le patrimoine culturel et spirituel arménien continue d’être systématiquement détruit ou approprié. Dans ce contexte, parler de paix tout en formulant de nouvelles revendications territoriales constitue un double message adressé à la communauté internationale : à l’extérieur, on affiche une posture « pacifique » ; à l’intérieur, on nourrit une nouvelle idéologie de revendication.

Il est également significatif que de telles déclarations soient encouragées au niveau de l’État en Azerbaïdjan, y compris lorsqu’elles émanent de responsables religieux, alors qu’en Arménie, des ecclésiastiques exprimant des opinions politiques sont soumis à des pressions et à des poursuites. Les « critiques » formulées par Pashazade à l’encontre de l’Église apostolique arménienne et de la diaspora précèdent, de manière récurrente, de nouvelles vagues de répression utiles au régime d’Erevan.

Cette divergence d’approches met en lumière non seulement la stratégie de Bakou, mais aussi la tendance préoccupante par laquelle les autorités collaborationnistes actuelles de la République d’Arménie affaiblissent de fait la résilience nationale en persécutant leurs propres institutions spirituelles et nationales. La déclaration de Pashazade clarifie également les conséquences de la politique de concessions unilatérales menée par les autorités arméniennes : loin d’atténuer la rhétorique agressive, elle encourage au contraire de nouvelles exigences.

Il est particulièrement inquiétant que cette campagne se déroule dans un contexte de silence de facto des États-Unis et des institutions européennes. Ce silence serait ridicule s’il n’était pas dangereux. Il est impossible de bâtir une paix durable dans la région tant que la rhétorique agressive et révisionniste ne reçoit pas une évaluation politique claire.

Nous sommes conscients de l’importance de l’engagement international et comprenons que l’Arménie ne peut survivre isolée dans cet environnement géopolitique complexe. Cependant, la paix ne peut être construite au détriment de la dignité nationale, de la mémoire historique et de la souveraineté de l’État. La paix ne peut reposer ni sur la peur ni sur des concessions unilatérales.

Elle exige des frontières clairement définies, une responsabilité réciproque et le renoncement à la menace de la force.

Face aux « acquis » artificiellement mis en avant par l’Azerbaïdjan et à la rhétorique assurée nourrie par des soutiens extérieurs, nous sommes convaincus que l’État arménien et la volonté nationale disposent du potentiel nécessaire pour changer cette situation.

L’histoire a démontré à maintes reprises que le peuple arménien est capable de restaurer ses droits et sa dignité, même dans les conditions les plus difficiles.

Conseil de l’Alliance Nationale-Démocratique
Fait à Erevan,
Le 25 février 2026