
DÉCLARATION
À l’occasion de la visite en République d’Arménie de la délégation conduite par le vice-Premier ministre d’Azerbaïdjan
L’Alliance Nationale-Démocratique (AND) condamne fermement la visite en République d’Arménie de la délégation dirigée par le vice-Premier ministre azerbaïdjanais Shahin Mustafayev. Cette visite intervient seulement quelques jours après la destruction barbare de la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu protectrice de Stepanakert. La destruction de ce sanctuaire constitue une manifestation de la politique d’arménophobie menée au niveau de l’État par l’Azerbaïdjan.
Malheureusement, il ne s’agit pas d’un cas isolé, mais de la poursuite d’une politique anti-arménienne amorcée dès la période soviétique et particulièrement intensifiée après le nettoyage ethnique de l’Artsakh en 2023.
Par ailleurs, ces actes constituent une violation flagrante des obligations juridiques internationales assumées par l’Azerbaïdjan. Celui-ci est tenu d’assurer la protection de tous les monuments historiques et culturels situés sous son contrôle, y compris le patrimoine culturel arménien.
Par sa décision du 7 décembre 2021 dans l’affaire « Arménie c. Azerbaïdjan », la Cour internationale de Justice a ordonné à l’Azerbaïdjan de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir et sanctionner les actes de vandalisme et de profanation visant le patrimoine culturel arménien, notamment les églises, lieux de culte, monuments et cimetières, dans le cadre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (CERD). Conformément à l’article 94 de la Charte des Nations unies, cette décision a un caractère contraignant.
La destruction de cette église en 2026 constitue une violation directe et continue de ces obligations. Il ne s’agit pas d’un simple différend politique ou diplomatique, mais d’une infraction relevant du droit international.
En outre, l’Azerbaïdjan viole également les conventions applicables dans le cadre de UNESCO, notamment la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, ainsi que la Convention de 1972 concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel.
Dans ces conditions, accueillir en Arménie une délégation conduite par un haut responsable d’un État adoptant un tel comportement peut être perçu comme un manque de considération envers la souveraineté nationale, mais aussi comme une dévalorisation des décisions de la Cour internationale de Justice.
Bever appelle l’Église apostolique arménienne ainsi que le Saint-Siège d’Etchmiadzin à poursuivre le travail de documentation de la destruction du patrimoine culturel arménien et à transmettre ces éléments aux instances internationales compétentes, notamment à la Cour internationale de Justice, à l’UNESCO et aux organismes de défense des droits humains.
L’AND appelle également les citoyens de la République d’Arménie à se souvenir que les élections législatives du 7 juin 2026 constituent aussi un choix de valeurs : qui est prêt à défendre de manière constante l’héritage de l’Église apostolique arménienne face à sa destruction systématique par l’Azerbaïdjan, et qui est prêt à ignorer cette réalité ?
Foi, Patrie, Souveraineté. L’Arménie n’est pas négociable.
Conseil de l’Alliance Nationale-Démocratique
Fait à Erevan,
Le 30 avril 2026