L’insurrection de février 1921 n’a pas éclaté dans un moment de force, mais dans un moment d’épuisement.

Le peuple arménien venait de traverser le génocide, avait combattu pendant des années contre les pressions turques et russes, avait perdu une grande partie de ses capacités et était profondément exténué.
Dans une telle situation, beaucoup de nations auraient choisi la résignation.

Les Arméniens, non.

L’insurrection de février ne promettait pas la victoire, ne garantissait pas l’avenir, n’assurait pas la sécurité. Elle avait un sens simple : même acculé par la nécessité, l’homme conserve toujours le droit et la possibilité de dire « assez ».

Ce « assez » a sauvé des milliers de vies.

Près de dix mille rescapés — l’élite intellectuelle et professionnelle des Arméniens du Caucase — parmi lesquels l’architecte Alexandre Tamanian, l’écrivain et dramaturge Levon Chant, le pédagogue et penseur Nikol Aghbalian, ainsi que le dernier Premier ministre de l’Arménie, Simon Vratsian, passèrent en Perse. Lorsque la phase du communisme de guerre prit fin et que la brutalité du bolchevisme s’atténua, environ huit mille d’entre eux revinrent en Arménie soviétique. Qu’ils soient revenus ou restés à l’étranger, tous devinrent des artisans de la reconstruction de la vie nationale arménienne — certains en Arménie soviétique, d’autres dans les multiples foyers de la diaspora.

Il convient également de rappeler que l’insurrection de février et la lutte menée par Nzhdeh au Haut-Karabakh et en Zanguezour sauvèrent le Syunik de la perte et assurèrent à l’Arménie le statut de république soviétique, statut qui, soixante-dix ans plus tard, devait permettre l’obtention d’un nouveau cadre juridique en droit international.

En ces jours-là, l’Arménie sembla préserver la dernière lumière qui lui restait, simplement en refusant de la laisser s’éteindre.

L’insurrection, en elle-même, ne changeait pas l’histoire. Elle rappelait une chose : même vaincu, l’Arménien ne devient pas un peuple achevé.

C’est pourquoi il est essentiel de se souvenir de février 1921. Quelle que soit la gravité des défaites que nous subissons aujourd’hui, quelles que soient les atteintes à la dignité dont nous soyons témoins, les forces extérieures qui projettent la disparition du peuple arménien, ainsi que le régime collaborationniste qui les sert, ne parviendront pas à mener leurs desseins à terme.

Conseil de l’Alliance Nationale-Démocratique
Fait à Erevan, Le 18 février 2026